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Moi

Mes esclavages nocturnes et littéraires se lisent à l'envers...désolée...

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Je n'arrive pas à être fière, il n'y a que des doutes Vous et je ne pourrai pas toujours m'en remettre aux Autres, je ne le sais que trop bien... | 02 septembre 2006

Les désillusions. Mes désillusions, c'est un tableau noir où je peins en noir, noir de même substance sur l'infiniment grand de la toile, couleur consubstantielle au peintre, à savoir, Moi. La logique voudrait que la toile soit d'un blanc globalement pur (à mon sens pureté ne représente pas exactement la vertu) et la couleur sur le pinceau globalement moche. Or, le noir est sublime et je n'ai jamais touché à un schéma absolu de vertu. Et la peinture caca d'oie sur ledit pinceau n'est logiquement pas rattachable au peintre, en cela que personne n'en ferait une continuité de soi ; mon noir, c'est un rameau de Moi.
Si les désillusions prennent appui sur quelque schizophrénie palpable et/ou sur une paranoïa décelée ou arguée (salope) par ma professeure de français, que faire des mots, des mots qui sortent de mon crâne, mal agencés selon cette dernière, fous selon le psychanalyste, et arrogants selon les dires « et je suis malheureux ... malheureux de lire cela, parce que tu VAUX tellement plus, tellement mieux ... cesses de te demander de quel prix tu peux être estimée, toi qui es inestimable ! Cesse de faire des phrases, si élégantes semblent-elles être ! Cesse, je t'en supplie, de te mettre au marché... Et pour cela, cesse de pratiquer cette arrogance "intellectualiste", si trompeuse, si médiocre, quand tu es tellement au-dessus ... ». Alors je n'écris plus, mais je vais m'y remettre parce que j'ai envie d'écrire et de jouer l'intellectualiste dans un monde trop con...
C'est triste, dit le psychanalyste à propos des écrits.

"Les princesses décrites hurlantes et mourantes ont battu à force de mots la putréfaction des sentiments et découvert leurs seins écrasés. La jouissance est douce : que je déteste le corps ou que j'imprime entre lui et mon moi une frontière brutale n'est pas prétexte à mes journées neurasthéniques ; les mots qui s'étiolent, qui violentent et qui disparaissent, voilà qui est cause de mes égarements.
La princesse se distingue désormais des héros autrefois aimés et joués, tombeau de ses Je. Ses semi rêves lui appartiennent, ils disent leur réalité, l'ont façonnée : ils ont peur d'en être arrachés maintenant.
Car perversement, la réalité s'agence autour de moi avec plus de force, sinon de violence. Elle veut être partout présente, manger ce qui étonne, ce qui transcende, elle arrache même le plaisir et voilà que je ne sais plus si l'orgasme m'appartient ou s'il m'est ôté par la dépression.
A cet égard, « bander en somme » (pour la citation, sinon prendre l'équivalent féminin) requiert toute une attention farouchement élevée et amenée à moi : une violence pour en combattre une Autre.
Si les obstacles cessent d'être mes échecs ; si je refuse l'état de pourrissement sensitif au lieu d'y trouver refuge, je joue le confort d'une stabilité pour la découverte. J'ai choisi que cette découverte s'arrête à mes seins écrasés et peut-être à Vous, les Hommes. Ma stabilité, faisant fi de mes désirs, m'a ravi d'un don que je croyais immuable... J'ai commis une erreur me dis-je.

Oubliées les quinze années, oubliée ma tendre curiosité où comme vivre de doux délices semble fléchir sous les moteurs abominables de mes vies. Et s'emmerder ; je m'emmerde dans ma liberté singulière. Plus d'évolution, plus de ravissement, seules les désillusions demeurent et le besoin de toujours plus, alors que j'ai cessé de réfléchir.
Je ne reconnais pas la nouvelle tristesse ou maturité qui me définie, se nourrissant de cigarettes, de vin, d'herbe et de nourriture. Et ce texte me fait peur dans le fond comme dans la forme.
Peut-être que je ne veux pas assumer ce tableau semble-t-il, déjà noir..."



Publié par Sybille à 18:17:59 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (14) |

Vos conventions mangent de la vie. | 14 août 2006

Vivre hors de leurs chaînes implique mon étonnement. Toujours croissant. Je suis dans un lit.
Je me souviens. Je suis sur un matelas couvert de velours court,
il y a une couette d'hiver (celle que je préfère) et un duvet d'été.
Toute conjonction favorable à mon délice et à mes découvertes ; égoïstement, les miennes.
Et elles me disent, ces conventions, dans l'arrêt: tu es jeune et stupide.
Donc Vos conventions racontent la fragilité de mon savoir-être.

Mais Vos conventions disent aussi ma haine et la mort de mon insouciance,
lors même qu'elle m'apparaît un rempart nécessaire.



Publié par Sybille à 12:42:26 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (10) |

... | 22 avril 2006

« Maintenant que je tente de ne plus me soustraire à de l'arrogance d'auteur, que je ne prostitue plus rien, ni les mots, ni leur sens, mais que je me prostitue tout le temps, tu peux me dire, si je vaux mieux que ça, si je vaux mieux que Lui, où est mon prince charmant et où sont tous les sourires... ? »

Publié par Sybille à 19:13:57 dans Tissages | Commentaires (0) |

Qu'en est-il de cette passion? | 09 février 2006

Ce qui est certain, c'est que je ne désire aucune promesse de ce genre entre nous deux, pour deux raisons : premièrement je ne sais si je saurai l'honorer... Je ne sais pas notre avenir, je ne sais pas le mien non plus et je ne puis vous promettre de ne rencontrer personne, tous ceux qui vous diront de telles choses dans votre vie seront des menteurs. D'un autre côté je ne ressens de réel désir que pour vous et aujourd'hui je ne vois pas de raison pour que cela change.

Secondement, vous même verrez qu'un jour, dans l'hypothèse où notre passion dure, vous voudrez essayer un autre homme, essayer d'autres mains car on ne peut conserver un désir pour une seule personne ; alors de là à céder il y a un pas...

Publié par Sybille à 20:15:22 dans Tissages | Commentaires (1) |

... | 23 janvier 2006

L'étreinte physique terminée, nous étions spectateurs. Je regardais un peu autour, puis revenais, puis repartais, et mes yeux de me conduire n'importe où, le corps restant, campé, et je suis si bien. Le sourire anime mes lèvres et peut m'importe le reste, ou presque.

Je crois que j'ai souhaité cela en début d'année, comme chaque année d'ailleurs, j'ai demandé à être heureuse, accomplie ; ce n'est pas simple affaire de me satisfaire, on me le rappellera souvent. Il m'arrive d'ironiser sur la question, me déclarant digne représentante de la condition féminine ; oui je suis chiante, je vis dans une autre sphère, ce n'est pas encore un monde propre (je dis « encore »), un paysage schizophrène tracé aux flancs de ma boîte crânienne ; non, c'est tout juste de quoi sustenter un besoin de marginalisation, ou éventuellement une peur... Je suis féministe, je ne lutte pas, comme souvent. Mes révoltes sont passives excepté dans ma poitrine.

Dans ma poitrine il se passe des choses effrayantes. Dans ma poitrine. Ces choses-là sont redondantes, elles font de l'injuste équilibre entre les sexes les saillies de mon sein. A cause d'elles, mes traits n'affectent pas et jamais le détachement, je m'y suis résolue. C'est un défaut. Ma poitrine est le berceau de l'expression de toutes mes angoisses profondes ou non, de toutes les frustrations et autres sorts iniques qu'elle subit.  

J'ai peur des extrêmes, pourtant je couche avec l'Anarchiste, pis (ou non...), je l'Aime. Je ne l'Aime pas encore, du moins. En fait si, j'Aime sa barbe ; lorsqu'il m'enserre et que je recule, j'Aime. J'Aime aussi qu'il m'appelle Galvin, je pense qu'il est touché par ce prénom, qu'il le touche, je ne saurais expliquer de quelle manière. Je l'Aime parce que persuadée qu'on Aime d'un coup, d'emblée, que l'Amour n'attend pas la stabilisation d'un couple ou le quotidien dans le couple. Je ne couche pas avec, mais plus tard. Plus tard cela va devenir l'exclusif échange que nous connaîtrons, mais là je ne sais pas, je ne savais pas. Fille parmi ses femmes, je n'ai pas su à ce moment là. Et lui il savait...

Il connaissait les mouvements de sa vie, ses anarchies, ses politiques fiévreuses et le chaos seul qui en résultait. Il sait ce jour de notre rencontre, il sait que je ne serais jamais plus malheureuse et plus heureuse que sur cette saloperie de place.

Et je me trompe. Il sait bien avant, il sait à nos décomptes de fées quelle souffrance animera ma chair à tenter inutilement d'échapper à mon sentiment.

Pour la minute, je ri et je pleure peut-être, mais je dissimule la larme qui assaille ma joue. Nous buvons, café bien sur, dans le bar gay de la ville, je la découvre autrement cette Grande Ville, j'en parcours le dédalle comme jamais auparavant, il me mène d'un pas rassurant, assuré, et cela me plait. Il ne me dit pas quelle est cette haute sphère, privilégiée ou non, selon le point de vue, dans laquelle il évolue, il remet ce témoignage à plus tard, il s'excuse un peu, car il m'a promis un soir de me parler politique, il est pourtant lointain à ce propos, envie de me voir et de me sentir près de lui ; envie partagée...

Publié par Sybille à 00:17:21 dans Tissages | Commentaires (1) |

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