• Bonne Saint Valentin

    Ses mots parlent d'amour et ne parlent pas de moi. Il n'y a plus de confusion, de quoi torturer l'esprit et le coeur, il y a désormais la certitude du non-amour. Et ce non-amour grandit à mesure que je conçois envers lui du mépris, seule issue à un amour présent et sensible celui-là, mon amour. Cette confrontation semble insurmontable car elle est silencieuse. Il y a du silence dans mon coeur, du poids sur mes doigts. J'ai la larme derrière l'oeil, affûtée, permanente, tressaillante parfois. Certaines éternités ne sont plus sous contôle, elles n'ont pas de prises sur la larme. Pas même l'éternité que dure une seconde. Mais j'ai le désir de hurler, non de pleurer : je le hais dans son silence, silencieusement.

    Mais quelle erreur d'Aimer quand l'indifférence semble mieux valoir. Laissées dans la bouche de Duras les passions, dans les transports d'Artaud. Me voilà réapprenant à vivre, à manger, à chier, quand il faut désapprendre pour ne pas souffrir. Il me baise, mille baisers dont les tendresses sont feintes et renouvelées. Sous la tente, il me cajole. Reine déchue, je renais maîtresse. Je crois qu'il aime mes hésitations d'abord, mes débuts, nos débuts, nos hésitations. Mais déjà sa maturité soulève mon corps comme jamais : son visage est marqué; la cicatrice ne le dévisage pas, c'est la ride.


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